Le PS neutralise les Verts

Les jeunes Verts tractent quotidiennement pour Europe Ecologie

Le Parti socialiste a été talonné par Europe Ecologie aux élections européennes de 2009. En Bretagne, il s’est même fait devancer (17,94% pour la liste de Cohn-Bendit contre 17,70% pour la liste PS). Mauvais présage pour Jean-Yves Le Drian (PS) en Bretagne.

Pour se prémunir d’une nouvelle percée d’Europe Ecologie, le parti de la Rose a fait alliance avec d’anciens Verts regroupés dans le mouvement Bretagne Ecologie, bien qu’il eût préféré que les amis de Cohn-Bendit le soutiennent.

Aux Régionales de 2004, Daniel Cueff, maire de Langouet et tête pensante de Bretagne Ecologie, a fait campagne auprès des Verts. Il les a quittés en 2005 car «  ils sont dans une logique non pragmatique de l’écologie ». Il affirme que « l’écologie doit  passer du dire au faire . D’où la création de Bretagne Ecologie qui regroupe des élus et des citoyens impliqués depuis longtemps dans la défense de l’environnement. »

Divergences d’opinions

Bien qu’il soit militant d’Europe Ecologie aux Européennes, Cueff a choisi pour les élections de mars prochain de s’allier au PS. « Le Drian est le premier président de gauche élu en Bretagne. Il a développé un programme axé vers l’écologie, même si celui-ci est limité. » Ainsi, depuis 2004, la région développe l’énergie solaire thermique et photovoltaïque. Les éoliennes se sont multipliées, l’énergie marine est mise en avant grâce à la création d’une plateforme de recherche. Deux parcs naturels régionaux sont en cours de création (Rance Cœur d’Emeraude et Golfe du Morbihan).

Bretagne Ecologie a voulu influencer le programme de Le Drian. Ne pas se contenter de négocier entre deux tours, comme elle aurait peut-être été amenée à le faire si elle avait rejoint Europe Ecologie.

Pour justifier son refus de rejoindre le PS dès le premier tour, la liste des Verts, qui fédère l’Union Démocratique Bretonne, parti régional autonomiste, et différentes associations, met en avant un projet de société différent.

Europe Ecologie propose une alternative loin de l’entreprenariat productiviste. Forcément, la présence de partisans de la production intensive sur la liste PS/PC/Bretagne Ecologie gêne.

UDB, un allié stratégique?

Consciente du danger que représente le rassemblement autour de Le Drian, Europe Ecologie espère passer la barre des 10%, malgré le ralliement de Bretagne Ecologie. Cela lui permettrait de pouvoir s’allier au PS au second tour et de négocier des postes éligibles ainsi que des points du programme.

Si ce seuil n’est pas atteint, Le Drian pourrait juger superflu de prendre les Verts en considération. La liste d’Europe Ecologie n’aurait donc pas d’élus au Conseil régional. Allié ou pas, l’UDB, quant à elle, appellera à voter Le Drian au second tour.

Des mauvaises langues affirment que l’état-major parisien d’Europe Ecologie a interdit à son parti breton de s’entendre avec Le Drian, privilégiant les acteurs associatifs et l’UDB. Pourquoi ? Pour que les votes contestataires se tournent vers le parti de Cohn-Bendit et que les querelles du PS lui soient profitables.

Pour Daniel Cueff, de Bretagne Ecologie et rallié au PS, Europe Ecologie met en place une stratégie électorale destinée à préparer les futures Législatives. Comme si le parti voulait devenir une nouvelle force d’opposition au même titre que le PS.

Or, « ces préoccupations n’ont rien à faire dans une élection régionale qui doit se préoccuper d’enjeux locaux » dénonce-t-il.

Le Drian récupère le label écolo

Europe Ecologie se défend de ces accusations et soupçonne ses anciens camarades ralliés aux socialistes de s’accrocher à leurs sièges. Exclus des Verts, leur seule chance de rester au Conseil régional était, en effet, de militer aux cotés du président sortant… favori des sondages !

Contrairement aux idées reçues et à ce qui peut se passer ailleurs, en Bretagne, Europe Ecologie craint bien plus le PS que les socialistes ne craignent les Verts. L’électorat breton, fortement mobilisé pour José Bové aux Européennes, risque fort de soutenir Le Drian. Même les militants de l’UDB jugent son bilan positif.

L’heure du large rassemblement de la Gauche n’a donc pas encore sonné au niveau régional. Il pourrait attendre 2012, et encore :  les aspirations personnelles pourraient empêcher l’union sacrée.

Néanmoins, pour l’heure, les coups se concentrent sur l’UMP. Bernadette Malgorn, la candidate de Nicolas Sarkozy reste l’ennemi numéro un. Celle que la Gauche veut abattre. Le PS, tout comme Europe Ecologie, concentre ses attaques sur l’ex-préfète. Pas question de s’en prendre au voisin socialo ou écolo dans l’arène politique.

Julie Chenini

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