Divisions au centre: le MoDem à l’Ouest

Fin janvier, le comité exécutif régional du MoDem (composé de 24 cadres locaux du parti) a élu les têtes de liste des quatre départements bretons pour mener la campagne des élections régionales.

Grégoire Le Blond, maire de Chantepie, a reçu l’investiture en Ille -et-Vilaine. Au détriment de Caroline Ollivro, candidate démocrate à Rennes aux élections municipales de 2008 (12,15% des suffrages).

Quelques jours plus tard, le 28 janvier, Laurent Thomas, le délégué départemental du parti, présentait sa démission. Il n’en fallait pas plus pour plonger le parti de François Bayrou dans une situation inconfortable, conséquence d’une communication mal maîtrisée.

Vers un vote sanction ?

A près d’un mois du premier tour, les élections régionales s’annoncent mauvaises pour le parti orange.

D’après une étude réalisée par TNS Sofres , le MoDem est crédité de seulement 4% d’intentions de vote sur l’ensemble du territoire métropolitain. Soit près de 15% de voix en moins par rapport à l’élection présidentielle de 2007 qui avait vu François Bayrou (alors leader de la formation UDF) échouer aux portes du second tour. La Bretagne ne devrait pas faire exception à la règle,malgré la tradition sociale-démocrate de la région.

Pourtant, Nicolas Boucher, directeur de campagne de Grégoire Le Blond, nuance ces estimations : « les sondages n’ont jamais été favorables à notre mouvement, nous tablons plus sur un score de 11-12% sur notre département ».

Le but est de se maintenir au second tour. Et pouvoir éventuellement devenir la force politique qui fera office d’arbitre au Conseil régional.

Mais, même au sein du parti, personne n’est dupe. Le département et la Région devraient logiquement revenir à l’une des listes menées par les deux partis « poids-lourds », UMP et PS, lestés de leurs alliés respectifs.

La vague orange, née en 2007, s’est-elle brisée ?

Une des phrases énoncées par François Bayrou au moment de la création du MoDem semble plus que jamais d’actualité: « J’ai résisté hier, je résisterai aujourd’hui, je résisterai demain ».

Car le navire prend l’eau de toute part, incapable de trouver des capitaines locaux à même de faire émerger le parti comme autre chose que le bien de François Bayrou ou Marielle de Sarnez.

Depuis 2007, le centre s’est désuni. Certains leaders sont partis à droite, d’autres à gauche. Et des militants les ont suivis.

Pour Sébastien Châble, étudiant en quatrième année à Sciences Po’ Rennes, adhérent CAP 21 et anciennement encarté MoDem, « le parti est en train de se resserrer sur lui-même, les structures sont cadenassées. C’est pour cela que les conflits internes ressortent dans la presse faute de pouvoir se régler en interne ».

Comme Sébastien, de nombreux adhérents croyaient en l’émergence d’une troisième force politique française ayant fait de l’écologie son cheval de bataille.

En vain. Aucune alliance avec des listes vertes n’est envisagée. La Bretagne est l’une des deux régions avec l’Aquitaine où les listes démocrates ont promis de faire cavalier seul en cas d’accès au second tour (10% des suffrages sont nécessaires pour pouvoir se maintenir, NDLR).

« Un grand gâchis », estime Christophe Rabiet, l’administrateur du blog démocrates 35, lorsqu’on lui demande d’évoquer ses sentiments vis-à-vis du parti descendant de l’ancien UDF (Union pour la démocratie française, NDLR).

Pour lui, « à sa création, le MoDem voulait faire de la politique autrement. Deux ans et demi plus tard, on se rend compte que ce n’est pas le cas ».

Pourtant, les militants y croient encore et toujours. Ainsi pour Thomas, 25 ans, membre des Jeunes démocrates, « on verra bien ce qui se passera. Notre parti est jeune, il doit apprendre à se construire. Laissez-lui du temps ».

Le temps est compté

Les 400 militants (en Ille-et-Vilaine) vont devoir inverser la tendance et faire remonter la liste Bretagne démocrate dans les sondages.

Les tracts et affiches sont à l’imprimerie, prêts à être dispersés un peu partout dans le département. Après, viendra le temps de la campagne de terrain pour Grégoire Le Blond et consorts.

Pour soutenir leur leader, Nicolas, le directeur de campagne, a planifié en coulisse « l’opération TER ». Mais, le Modem préfère garder le flou autour de cette création comme sur son avenir.

Arnaud Eyssautier

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