Twitter et Facebook surfent sur les régionales

Fini les sites vitrines et figés. Si les candidats veulent offrir une lisibilité, ils doivent être sur tous les fronts. Nouvel outil de campagne : les réseaux sociaux. Depuis la campagne présidentielle américaine, ces réseaux sont devenus incontournables dans la course à l’élection qui se joue également sur le Net.

Par réseaux sociaux, on entend essentiellement Facebook et Twitter. Barack Obama avait été le premier à se lancer en campagne sur Facebook. Depuis, tout le monde s’y est mis. Chaque parti possède son groupe ou sa page de fan officielle. Certains poussent le vice jusqu’à créer des groupes spéciaux selon les élections.

« On se doit d’être présent au cas où un buzz apparaît »

Mais qui se cache derrière ces comptes ? Des petites mains bénévoles, plus ou moins geek, tout dépend de leurs compétences informatiques. Responsable des comptes du candidat de gauche, Ronan Scouarnec est membre du Conseil régional et collaborateur de Jean-Yves Le Drian. Modérateur bénévole, il passe sur le Net en moyenne une demi-heure par jour, qu’il puise sur son temps libre.

« Il n’était pas question de faire croire que c’est Le Drian qui est derrière l’ordinateur. C’est pour cela que nous avons fait un groupe et pas une page. Mais si on organise un tchat, ce sera vraiment le candidat qui sera aux commandes », révèle Ronan Scouarnec.

« Etre présent sur les réseaux sociaux, ce n’est pas ce qui va nous faire gagner l’élection régionale. Mais on se doit d’être présent au cas où un buzz fait son apparition sur la toile. Car on court le risque de ne pas le maîtriser », détaille Ronan Scouarnec, administrateur de Facebook et Twitter.

Celui-ci, par contre, ne cache pas son goût pour le teasing. Il excite la curiosité de l’électeur par des annonces d’actions militantes, comme cette soirée mystérieuse, dont on ne connaît que le lieu et la date.

Sur Facebook, le principe est de poster en moyenne un papier par jour sur le groupe « La Bretagne solidaire, créative et responsable avec Jean-Yves Le Drian », composé de 362 membres. L’administrateur s’appuie sur son réseau de militants pour faire remonter les informations.

L’avantage de Facebook est sa réactivité. Pourtant, on ne comptabilise que deux commentaires sur la première page du groupe et une vingtaine d’appréciations. En revanche, les militants jouent aussi le rôle d’animateur, car ils publient des photos, des vidéos et y ajoutent des commentaires. Comme ces trois militants PS, qui affichent leur soutien de trois manières différentes : le post, l’appréciation et le commentaire.

Les réseaux sociaux sont plus propices à la participation que les sites classiques, car nombreux sont les internautes qui n’osent pas laisser de commentaires sur un site. A l’inverse, il semblerait que les internautes soient plus à l’aise sur Facebook. « Donner aux électeurs l’occasion de s’exprimer sur Facebook et sur le site, via les commentaires qu’ils postent, est une vraie révolution ! », s’exclame le collaborateur du candidat PS.

La transparence vs la sélection

La gauche a choisi la transparence en laissant le groupe ouvert à tout public. Ce qui veut dire que n’importe quel Facebookien peut y accéder. « Toutes les réactions passent sur Facebook », réagit Ronan Scouarnec. Cependant, il se garde la possibilité de « bouler » tout commentaire jugé inadmissible et de modérer a posteriori. D’ailleurs, la plupart des articles sont édités par l’administrateur.

A droite, on la joue plus select’. Le groupe est fermé et seule une autorisation permet d’y accéder. Après une demande d’accès, il faut compter quelques heures pour rejoindre le « Groupe officiel Bernadette Malgorn : candidate pour rassembler les Bretons ».

Etant donnée la faible interactivité des internautes sur le groupe du PS , on est en droit de se demander si le filtrage des commentaires est trop musclé. Ou si la campagne n’en est qu’à ses balbutiements et qu’à l’approche des élections les esprits s’échaufferont.

En revanche, les réactions vont bon train sur la page de l’UMP, qui recense 241 membres. Comme ce Facebookien, qui a posté quatre messages le même jour à quelques heures d’intervalle. 

Twitter, un relais

Touchant pour le moment une faible communauté, Twitter est surtout employé comme relais d’information. Il permet d’augmenter son espace de diffusion. « Twitter est généralement utilisé par des gens numériquement avancés », explique l’administrateur du compte Twitter LeDrian2010. En effet, on ne dénombre que 46  « followers » (abonnés). Dernier lien en date : celui consacré au projet du candidat de gauche, déjà en ligne sur le site depuis plusieurs jours.

Pas de compte officiel pour Bernadette Malgorn, qui se sert de celui des jeunes Populaires35… suivi par six personnes ! Les jeunes pop’ utilisent leur Twitter comme un outil de rendez-vous et affichent leur présence sur les meetings à venir.

Pour que Twitter ait un vrai impact sur les électeurs, il faudrait que chaque candidat commente ses faits et gestes. Pour le moment, l’actualité de la campagne des élections régionales est trop faible, loin de la cadence des dernières présidentielles américaines.

Eléonore Bohn

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