Le Drian et Malgorn, deux parcours opposés

 

Marque-page, Bernadette Malgorn

La campagne électorale des régionales vient de débuter en Bretagne et deux favoris se dégagent depuis longtemps : Jean-Yves Le Drian, le candidat du PS, président sortant du Conseil régional, et Bernadette Malgorn, candidate de la majorité présidentielle. 

Ils ont quatre ans d’écart. Elle est née à Nantes, le 19 juin 1951, lui, est né à Lorient le 30 juin 1947 et ils ont des parcours totalement opposés. 

Deux élèves studieux

Bernadette Malgorn refuse de répondre aux questions trop personnelles. Lorsque l’on s’attarde dans la rubrique, «mieux connaître Bernadette » sur le site de la campagne, « Ensemble avec Bernadette Malgorn », on tombe sur son curriculum vitae : date de naissance, études effectuées, et principaux postes occupés. Rien sur ses parents, ou son enfance. Comme si sa vie a commencé lorsqu’elle a été diplômée de Sciences économiques en 1971.

De ses études, on apprend notamment qu’elle est titulaire d’une licence en sciences économiques, d’une maîtrise d’histoire-géographie obtenue à l’âge de 21 ans et qu’elle intègre l’ENA, à 22 ans. 

Au contraire, Jean-Yves Le Drian joue la transparence sur Internet. Source intéressante quand le candidat du PS refuse de se prêter au jeu des questions estudiantines. 

Le candidat sortant est issu d’une famille ouvrière de Lorient. A l’école, ses bons résultats lui permettent d’intégrer le collège Sainte-Anne, puis le lycée Saint-Louis. Lycée qui n’accueille que peu d’enfants issus de la classe ouvrière. Après son baccalauréat, il fait un an d’hypokhâgne à Quimper avant de commencer une fac d’histoire à Rennes. Il obtient l’agrégation à 24 ans. 

L’héritage politique des Le Drian

Jean et Anne-Marie Le Drian, les parents du candidat du PS sont très politisés. Militants à la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), ainsi qu’auprès de mouvements syndicaux et familiaux, ils ont donné le virus du militantisme à leur fils.   

Jean-Yves Le Drian s’investit très tôt au sein de la JEC (Jeunesse étudiante chrétienne) dont il devient le premier secrétaire dans le Morbihan en classe de terminale. Arrivé à la fac de Rennes, il s’attache à l’UNEF dont il devient le responsable local. Il aime rappeler qu’en mai 1968, il faisait partie des manifestants actifs de Rennes.   

En 1974, séduit par le discours de François Mitterrand à Rennes, il décide d’intégrer les rangs du jeune Parti socialiste.   

Bernadette Malgorn, une fausse image?

Alors que François Goulard, maire de Vannes et farouche villepiniste, dit de Bernadette que c’est une technocrate, l’intéressée s’en défend : « Rien n’est plus éloigné de moi que la technocratie, le politique prime ». Certes, sa carrière se définit plus en termes de haut fonctionnariat qu’en termes politiques : « j’ai côtoyé la politique plus que je n’en n’ai fait » dit-elle.   

Elle fut tour à tour secrétaire générale pour les affaires régionales de Lorraine, directrice adjointe du cabinet de Philippe Seguin, secrétaire générale du ministère de l’intérieur, magistrate à la Cour des comptes et préfète en Tarn-et-Garonne, Lorraine et Bretagne.   

Cette dernière fonction l’a longtemps empêchée de s’attacher à un parti politique. « Le préfet doit être impartial » confie-t-elle.   

Ce n’est donc que très récemment qu’elle est entrée en politique aux côtés de « la grande famille de la majorité présidentielle, où l’esprit de réforme souffle ». Et c’est « un choix réfléchi, pour les Bretonnes et les Bretons » explique-t-elle.   

Elle se sent prête : « j’ai étudié les sciences économiques, ça m’a préparée à la compréhension de la société. Je suis une femme de terrain, j’aime le contact avec les gens responsables ou des gens de la base ». De plus, argue-t-elle, « quand on a beaucoup reçu à travers ses études, et l’exercice de métiers, il est normal de mettre son expérience au service de ceux qui sont les plus proches, de ces compatriotes bretons ».    

De Lorient à la présidence de la région

Contrairement à son adversaire de droite, Le Drian est un pilier de l’action politique. Sa carrière politique démarre à trente ans lorsqu’il devient adjoint au maire de Lorient, et député de la cinquième circonscription du Morbihan. « Il a lutté pour Lorient. C’était une ville sinistrée, il lui a redonné sa fierté » vante Maria Vadillo, proche de Jean-Yves Le Drian.   

Sa carrière politique ? Il l’a menée avec « cohérence, c’est un battant » argue-t-elle. Maire de Lorient de 1983 à 1998 et conseiller régional de 1998 à 2004, il décide de se lancer dans la campagne pour la présidence de la Région en 2004. Il devient le premier socialiste du conseil régional de Bretagne.    

Pendant son mandat, il n’a pas lésiné sur l’entourage. « Il implique le plus grand nombre de gens, les maires des grandes et des petites villes, les présidents des Conseils généraux, notamment pour le projet de ligne à grande vitesse ou avec le B15 » continue Maria Vadillo. « Il a une volonté de développement et de justice forte ».   

Ces deux candidats s’affichent en Bretons fervents. Ils martèlent tous les deux leur attachement à la région. Bernadette Malgorn répète à la moindre occasion qu’elle est « une Bretonne de tripes », c’est-à-dire qu’elle éprouve un « attachement viscéral pour la Bretagne (Voir video). Quand on est breton, résume l’ex-préfète, que ce soit d’origine ou d’adoption, il y a un profond sentiment d’appartenance ».   

Quant à savoir si la ferveur des Bretons envers les élections est aussi grande… seules les urnes le diront.   

 Lucie Crisa

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